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Location de voiture à l’étranger

 Pourquoi les cartes de débit sont parfois refusées

Carte de débit ou carte de crédit ? Les Français sont nombreux à ne pas faire la différence. Or, au moment de louer un véhicule à l’étranger, ne pas posséder la bonne carte peut coûter très cher.

Quoi de pire, quand on débarque à l’étranger après plusieurs heures d’avion, qu’un loueur auto qui vous fait le coup de la panne… du terminal bancaire ? « Lors du dépôt de caution, le responsable de l’agence Budget de l’aéroport de Belfast m’a dit que ma carte n’était “pas une carte de crédit mais de débit” et qu’il était impossible de retenir les 1 000 € de caution sur cette dernière, témoigne Pierre. Sa proposition “miracle” : annuler la réservation à mes frais ou prendre l’assurance complète pour 77 € de plus, sur la base d’une location de 36 €. » « J’ai eu la même mésaventure à l’aéroport de Gatwick (Londres), mais Sixt a été pire que Budget, car on ne m’a pas proposé de solution : pas de carte de crédit, impossible de faire un dépôt de garantie, donc perte de la location et pas de remboursement », abonde Matthieu sur notre forum. D’autres témoignages concernant des locations refusées, des assurances imposées et des commissions exorbitantes nous viennent de Venise, Genève, Naples ou de tous les États-Unis. Que s’est-il passé ?

Avant de partir, pensez à vérifier

L’expression « carte de crédit » est souvent utilisée comme synonyme de « carte bancaire ». Or, la majorité des cartes délivrées en France sont en fait des cartes de débit. Comment le vérifier ? Tout simplement en jetant un œil dans son portefeuille. Depuis juin 2016, la réglementation européenne impose la mention de la catégorie de la carte sur le recto de celle-ci. Pour une carte prépayée ou une carte à débit immédiat, avec ou sans autorisation systématique, la mention « débit » apparaît. À l’inverse, la mention « crédit » se trouve sur les cartes à débit différé (lorsque toutes les dépenses sont prélevées en une fois) et sur les cartes adossées à un crédit renouvelable. Les cartes de crédit peuvent être proposées par les banques, mais aussi par des sociétés de crédit, des enseignes et chaînes de distribution.

Une carte de débit ne permet pas de bloquer la caution

Officiellement, la distinction débit/crédit n’a pas d’impact sur la vie quotidienne du consommateur. Les banques expliquent qu’elle définit le niveau des commissions que les professionnels (banques, commerçants) se règlent entre eux. Mais les mésaventures de nombreuses personnes au moment de louer un véhicule montrent que ce n’est pas si simple. « Si vous avez un accident, ou que vous commettez des infractions ayant débouché sur l’émission de P-V, la société loueuse doit pouvoir récupérer ces montants », explique Sixt sur son site (1). Concrètement, au moment de vous prêter un véhicule, le loueur va bloquer sur la carte de crédit une caution (parfois de 1 000 à 2 000 €), sans l’encaisser, donc sans que les fonds soient forcément disponibles sur le compte en banque. Dans certaines agences, on peut louer un véhicule avec une carte de débit. Au lieu d’être bloquée sur la carte de crédit, la caution est alors prélevée puis remboursée à la fin de la période de location. Plusieurs consommateurs, faute de carte de crédit, n’ont pas pu récupérer le véhicule réservé. Pour d’autres, cela a été possible moyennant la souscription d’une assurance complémentaire. Celle-ci, parfois très chère, compense l’absence de caution. Elle est encaissée directement et non remboursable, c’est pourquoi elle est payable avec une carte de débit.

Vos recours

Avant de réserver, vérifiez bien dans les conditions générales de vente du loueur s’il accepte les cartes de débit. Il est souvent précisé qu’une carte de crédit au nom du conducteur du véhicule est obligatoire. Si ce n’est pas le cas et que la location vous est refusée au guichet (ou si cette obligation n’apparaît que sur le bon de réservation, une fois celle-ci effectuée), le loueur se rend coupable d’un défaut d’information. Un remboursement du surcoût (assurances complémentaires ou frais d’annulation) est alors envisageable en contactant le service client ou, à défaut de réponse, les autorités compétentes. Mais, à l’étranger, les recours se révèlent compliqués en pratique.

(1) En France, le problème se pose moins, car il est plus facile pour le loueur de se retourner contre les clients.

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4 août 2017